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En Australie, Meta exclut les moins de 16 ans de ses plateformes avant l’entrée en vigueur d’une loi pionnière

  • Photo du rédacteur: LOCK-T
    LOCK-T
  • 31 déc. 2025
  • 3 min de lecture

Par une démarche annoncée début décembre 2025, la société Meta Platforms Inc. a commencé à supprimer les comptes des utilisateurs australiens âgés de moins de 16 ans sur ses principales plateformes — Facebook, Instagram et Threads — en amont de l’entrée en application de nouvelles règles nationales visant à interdire l’accès des réseaux sociaux à cette tranche d’âge. Cette mesure, présentée comme une première mondiale, illustre de manière concrète l’impact direct de l’intervention législative sur les pratiques des grandes entreprises du numérique.  


Une anticipation de l’application d’une loi inédite 

La décision de Meta s’inscrit dans la perspective de l’entrée en vigueur, au 10 décembre 2025, d’une modification de la législation australienne en matière de sécurité en ligne, issue de l’Online Safety Amendment Act 2024. Ce texte impose aux plateformes de réseaux sociaux de prendre des mesures raisonnables afin d’empêcher toute personne de moins de 16 ans de créer ou de détenir un compte sur leurs services. 


Adopté par le Parlement australien en novembre 2024, ce dispositif constitue une initiative sans précédent dans le paysage international de la régulation des technologies numériques. Les obligations qu’il instaure ne se limitent pas à la prévention de la création de nouveaux comptes, mais concernent également les comptes déjà existants. Meta a ainsi été conduite à engager, dès le début du mois de décembre, une opération de suppression des comptes identifiés comme appartenant à des mineurs de moins de 16 ans. 


Ce retrait anticipé vise à assurer la conformité à la future réglementation tout en laissant aux jeunes utilisateurs concernés un délai de préavis leur permettant, le cas échéant, de sauvegarder leurs données personnelles et contenus numériques. 


Des obligations lourdes pour les plateformes 

La législation australienne prévoit des sanctions financières particulièrement dissuasives à l’encontre des plateformes qui ne respecteraient pas ces nouvelles obligations. Les autorités compétentes pourront en effet infliger des amendes pouvant atteindre plusieurs dizaines de millions de dollars australiens aux opérateurs incapables de démontrer qu’ils ont mis en œuvre des mesures raisonnables et effectives pour empêcher l’accès des mineurs à leurs services. 


Dans un billet de blog relayé par plusieurs médias, Meta a précisé qu’elle conserverait certaines coordonnées des utilisateurs exclus afin de pouvoir les recontacter une fois l’âge requis atteint, en vue d’une éventuelle réouverture de compte. L’entreprise a également indiqué avoir mis en place un mécanisme de vérification de l’âge permettant aux personnes exclues par erreur, mais âgées de 16 ans ou plus, de rétablir leur accès au moyen d’une vérification d’identité officielle.

 

Une étape historique, mais controversée 

Cette décision intervient alors que l’Australie devient, à compter du 10 décembre 2025, l’un des tout premiers États à appliquer une interdiction généralisée d’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 16 ans. Outre Meta, d’autres plateformes qualifiées de réseaux sociaux ou assimilées — telles que TikTok, Snapchat, YouTube, Reddit, X ou Twitch — sont soumises aux mêmes obligations de prévention ou d’exclusion. 


Si les autorités australiennes présentent cette réforme comme un outil de protection de la santé mentale et du bien-être des jeunes, face aux effets potentiellement délétères des algorithmes et des interactions en ligne, la mesure suscite également de vifs débats. Ceux-ci portent tant sur son efficacité réelle que sur les difficultés techniques liées à la vérification de l’âge, ainsi que sur ses conséquences pour les droits numériques et l’autonomie des adolescents. 


De manière plus générale, cette initiative législative place les plateformes au cœur d’une responsabilité renforcée en matière de contrôle de l’accès à leurs services, contribuant à redéfinir l’équilibre entre protection des mineurs, innovation technologique et respect des libertés fondamentales dans l’environnement numérique. 

 

Par LOCK-T    

Avec la participation de Divine ANTONIO, stagiaire  

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